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<rss version="2.0"><channel><atom:link rel="hub" href="http://tumblr.superfeedr.com/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"/><description>Traducciones de algunos textos que me hayan interesado particularmente</description><title>Traducciones</title><generator>Tumblr (3.0; @traducciones)</generator><link>http://traducciones.tumblr.com/</link><item><title>1. La comtesse sanglante (traduction de l’espagnol au français à partir de La condesa...</title><description>&lt;p&gt;1. &lt;a href="http://traducciones.tumblr.com/page/2"&gt;La comtesse sanglante&lt;/a&gt; (traduction de l’espagnol au français à partir de &lt;i&gt;La condesa sangrienta&lt;/i&gt; d’Alejandra Pizarnik)  &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;a href="http://traducciones.tumblr.com/page/11"&gt;Entrevista con Allen Ginsberg&lt;/a&gt; (traducción del inglés al español de una larga entrevista realizada en 1965) &lt;/p&gt;</description><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1903975</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1903975</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 12:53:23 -0300</pubDate></item><item><title>La Vierge de fer</title><description>&lt;p&gt;Il y avait à Nuremberg un célèbre automate appelé « La Vierge de Fer ». La comtesse Bathory en acquit une réplique pour la salle de tortures de son château à Csejthe. Cette dame métallique avait la taille et la couleur d’une créature humaine. Nue, maquillée, parée de bijoux, avec des cheveux blonds qui arrivaient jusqu’au sol. Un mécanisme permettait que les lèvres s’ouvrissent pour sourire, que les yeux bougeassent.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La comtesse, assise sur son trône, contemple.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Il est nécessaire de toucher quelques pierres précieuses du collier pour que la « Vierge » soit mise en marche. Elle répond aussitôt avec des bruits mécaniques affreux et, très doucement, lève ses bras blancs pour les fermer, dans une parfaite étreinte, sur ce qui sera près d’elle- une jeune fille dans ce cas. L’automate la serre et plus personne ne pourra détacher le corps vivant du corps de fer, tous les deux jouissant de la même beauté. Tout à coup, les seines maquillées de la dame de fer s’ouvrent et cinq poignards apparaissent. Ils traversent sa compagne vivante de longs cheveux dénoués, tel que les siens. &lt;/p&gt;  Une fois consommé le sacrifice, on touche une autre pierre du collier : les bras tombent, le sourire se ferme de la même façon que les yeux, et, l’assassine, redevient la « Vierge » immobile dans sa bière.</description><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1903709</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1903709</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 12:47:59 -0300</pubDate></item><item><title>Mort par eau</title><description>&lt;p&gt;Le chemin est enneigé et la dame sombre, enveloppée par des fourrures dans son carrosse, se lasse. Tout à coup, elle prononce le prénom d’une fille de son cortège. On amène la personne nommée : la comtesse la mord de façon effréné et le cloue des aiguilles. Peu de temps après, le cortège abandonne une jeune fille blessée dans la neige et continue son voyage. Mais la fille fuit parce que la suite s’arrête à nouveau. Elle est poursuivie, capturée et réintroduite dans le carrosse, qui continue de rouler même s’il s’attarde une fois de plus parce que la comtesse vient de demander un peu d’eau gelée. Maintenant, la jeune fille est nue et reste debout sur la neige. Il fait nuit. Des laquais impassibles soutiennent des flambeaux et forment un cercle pour l’entourer. Ils versent l’eau sur son corps et l’eau se glace. (La comtesse contemple depuis l’intérieur du carrosse). La jeune fille esquisse un geste léger pour s’approcher des flambeaux, seule source de chaleur. On lui lance encore plus d’eau et elle reste là, debout par toujours, droite, morte. &lt;/p&gt;</description><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1903668</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1903668</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 12:47:22 -0300</pubDate></item><item><title>La cage mortelle</title><description>&lt;p&gt;Revêtue de couteaux et parée de pointes en acier très affilées, sa taille accueille un corps humain ; on l’hisse par le biais d’une poulie. La cérémonie da la cage se déroule ainsi :&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La servante Dorko traîne par les cheveux une jeune fille nue ; elle l’enferme dans la cage ; elle l’hisse. La « dame de ces ruines » fait son apparition, la somnambule habillée en blanc. Lente et silencieuse, elle s’assoit sur un escabeau placé sous la cage. &lt;/p&gt;  Avec un tisonnier rouge dans ses mains, Dorko harcèle la prisonnière. Celle-ci, en se repliant  -et voilà le charme de la cage-,  se cloue elle-même les pointes aiguisées tandis que son sang tombe sur la femme pâle, qui le reçoit impassible, avec les yeux jetés sur nulle part. Lorsqu’elle se remet de cette transe, elle s’éloigne doucement. Deux métamorphoses eurent lieu : sa robe blanche est devenue rouge et, là où il y avait une jeune fille, il y a maintenant un cadavre.</description><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1903582</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1903582</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 12:46:25 -0300</pubDate></item><item><title>La force d’un nom</title><description>&lt;p&gt;Le nom Bathory  –Erzebeth croyait dans sa force comme dans celle d’un talisman extraordinaire- fut illustre depuis les origines de l’Hongrie. Ce n’est pas un hasard si le blason familier arborait les dents du loup, puisque les Bathory étaient cruels, téméraires et luxurieux. Les nombreux mariages entre les membres de la famille contribuèrent, peut-être, à l’apparition de maladies héréditaires : l’épilepsie, la goutte, la luxure. Il est probable qu’Erzebeth fût épileptique, ses crises de possession étant si inespérées comme ses terribles douleurs des yeux et ses migraines (qu’elle conjurait en se posant un pigeon blessé, mais vivant, sur son front).&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La famille de la comtesse ne déméritait pas la renomée de son lignage. Son oncle Istvan, par exemple, était si fou qu’il confondait l’été avec l’hiver, se faisant traîner par un traîneau tout au long des sables ardents qui étaient, d’après lui, des chemins enneigés ; ou son cousin Gabor, dont la passion incestueuse fut partagée avec sa sœur. Mais la plus sympathique fut la tante Klara. Elle eut  quatre maris (les deux premiers furent assassinés par elle-même) et mourut de sa propre mort de feuilleton : un pacha la captura en compagnie de son amant de service. Le malheureux fut brûlé sur un gril. En quant à Klara, elle fut violée –si on peut employer ce verbe à son sujet- par toute la garnison turque. Mais elle n’en mourut pas. Au contraire, ceux qui l’avaient séquestré –épuisés, peut-être, de la violer- la poignardèrent. Elle avait l’habitude de recueillir ses amants par les chemins d’Hongrie, et cela ne lui déplaisait pas de se jeter sur un lit où, précisément, elle venait d’abattre une pucelle. &lt;/p&gt;  Lorsque la comtesse arriva à la quarantaine, les Bathory avaient déjà commencé à s’éteindre et à se consommer à cause de la folie et de nombreuses morts successives. Ils sont devenus presque sensés, en perdant, à cause de cela, l’intérêt qu’ils suscitaient chez Erzebeth. Il faut ajouter que, lorsque la chance se retourna contre elle, les Bathory, bien qu’ils ne l’aidassent pas, ils ne lui reprochèrent rien</description><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1903544</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1903544</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 12:45:55 -0300</pubDate></item><item><title>Un mari guerrier</title><description>&lt;p&gt;En 1575, à 15 ans, Erzebeth se maria avec Ferencz Nadasdy, guerrier d’un courage extraordinaire. Ce &lt;b&gt;cœur simple&lt;/b&gt; ne sut jamais que la dame qui provoquait en lui une sorte d’amour et d’effroi, était un monstre. Il arrivait pendant les relâches guerriers, imprégné de l’odeur des chevaux et du sang renversé –les normes d’hygiène n’avaient pas encore été implantées- , ce qui émouvrait fermement la délicate Erzebeth, toujours habillée avec des tissus fins et parfumée avec des essences fastueuses. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Un jour, lorsqu’ils se promenaient dans les jardins du château, Nadasdy vit une fille nue, attachée à un arbre ; recouverte de miel, des mouches et des fourmis la sillonnaient pendant qu’elle sanglotait. La comtesse lui expliqua que la fille expiait le vol d’un fruit. Nadasdy ria naïvement, comme si on lui avait raconté une plaisanterie. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Le guerrier ne tolérait pas qu’on lui importunât avec des histoires qui attachaient sa femme à des morsures, des aiguilles, etc. Grave erreur : déjà mariée, pendant les crises dont la formule était le secret des Bathory, Erzebeth piquait ses servantes avec de longues aiguilles ; et lorsque, vaincue par des migraines terribles, devait rester au lit, elle les mordait aux épaules et mastiquait les morceaux de chair qu’elle avait pu extraire. Magiquement, les hurlements des filles calmaient ses douleurs. &lt;/p&gt;  Mais il s’agit de jeux de gamins – ou de gamines. En réalité, pendant la vie de son époux, elle ne commit pas de crimes.   </description><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1903521</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1903521</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 12:45:31 -0300</pubDate></item><item><title>Le miroir de la mélancolie</title><description>&lt;p&gt;…elle vivait face à son grand miroir, le célèbre miroir dont le plan avait été dessiné par elle-même… Il était très confortable, il disposait d’angles saillants où l’on pouvait reposer les bras, ce qui permettait de rester beaucoup d’heures face à lui sans se fatiguer. Nous pouvons conjecturer que, en croyant dessiner un miroir, Erzebeth traça les plans de sa demeure.  Et nous comprenons maintenant pour quoi seulement la musique la plus violemment triste de son orchestre de gitans ou les dangereuses sortis de chasse ou l’irascible parfum des herbes magiques de la cabane de la sorcière ou –surtout- les sous-sols inondés du sang humain, purent éclairer dans les yeux de son visage parfait, un esquisse de regard vivant. Parce que personne n’a plus de soif de terre, de sang et de sexualité féroce, que ces créatures qui habitent les froids miroirs. Et à propos de miroirs : jamais on n’a réussi à éclaircir les rumeurs concernant l’homosexualité de la comtesse ; nous ignorons s’il s’agissait d’une tendance inconsciente ou si, au contraire, elle l’accepta avec naturalité, comme un autre droit qui lui appartenait. Fondamentalement, elle vécut dans un milieu exclusivement féminin. Il n’y avait que de femmes dans ses nuits criminelles. Après, quelques détails sont évidemment révélateurs : par exemple, dans la salle de tortures, aux moments de plus intensité, elle avait l’habitude d’introduire un cierge ardent dans le sexe de la victime. Il y a, aussi, de témoignages qui parlent d’une luxure moins solitaire. Une servante affirma, au cours du procès, qu’une dame, mystérieuse aristocrate habillée en garçon, rendait visite à la comtesse. Dans une occasion, elle les découvrit ensemble, en train de torturer une jeune fille. Mais on ignore si elles partageaient d’autres plaisirs à part des sadiques.  &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Je continue avec le sujet du miroir. Bien qu’il ne s’agisse pas d’expliquer ce personnage sinistre, il est nécessaire de remarquer qu’il souffrait du mal du XVI&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle : la mélancolie.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La personne mélancolique est régie par une couleur invariable : son intérieur est un espace de deuil ; rien ne passe là-bas, personne ne passe. Il s’agit d’une scène sans décors où le moi inerte est assisté par le moi qui souffre de cette inertie. Le dernier voudrait libérer le prisonnier, mais, n’importe quelle tentative échoue, de la même manière que Thésée aurait échoué si, en plus d’être lui-même, il aurait été, aussi, le Minotaure ; pour le tuer, donc, il  aurait eu besoin de se tuer. Mais, il y a des remèdes fugitifs : les plaisirs sexuels, par exemple, peuvent effacer, pendant un bref instant, la silencieuse galerie d’échos et de miroirs qui est l’âme mélancolique. Et encore plus : ils peuvent même illuminer cet endroit en deuil et le transformer en une sorte de boîte à musique, avec des personnages de couleurs gaies qui dansent et chantent délicieusement. Après, lorsque la mélodie s’arrêtera, il faudra retourner à l’immobilité et au silence. La comparaison avec la boîte à musique n’est pas gratuite. Je crois que la mélancolie est, en somme, un problème musical : une dissonance, un rythme turbulent. Tandis qu’à l’&lt;b&gt;extérieur&lt;/b&gt; tout se passe avec un rythme vertigineux de cascade, à l’&lt;b&gt;intérieur&lt;/b&gt;, il y a une lenteur épuisée de goutte d’eau qui tombe de temps en temps. De là que ce &lt;b&gt;dehors&lt;/b&gt;, contemplé depuis l’&lt;b&gt;intérieur&lt;/b&gt; mélancolique, semble absurde et irréel. Il constitue « la farce que nous devons représenter ». Mais pendant un instant – à cause d’une musique sauvage, ou d’une drogue ou de l’acte sexuel à sa puissance maximale-, le rythme très lent du mélancolique s’accorde avec celui du monde extérieur et le surpasse avec une démesure ineffable et heureuse ;  le moi vibre animé par des énergies délirantes. &lt;/p&gt;              Pour le mélancolique, le temps est une suspension du devenir –en réalité, il y un devenir, mais sa lenteur évoque la croissance des ongles des morts- qui précède et continue la violence fatalement éphémère. Entre deux silences ou deux morts, la vélocité prodigieuse et fugace revêtue de plusieurs formes qui vont de l’ivresse innocente aux perversions sexuelles et même au crime. Et je pense à Erzebeth Bathory et aux nuits dont le rythme était mesuré par les cris des adolescentes. Le livre que je commente dans cet écrit a un portrait de la comtesse : la belle et sombre dame ressemble à l’allégorie de la mélancolie qui montrent les vieilles gravures. Je veux remarquer, en plus, qu’à son époque, une personne mélancolique signifiait  une possédée par le démon. </description><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1903493</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1903493</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 12:45:04 -0300</pubDate></item><item><title>Magie Noire</title><description>&lt;p&gt;La plus grande obsession d’Erzebeth avait toujours consisté à éloigner à tout prix le vieillissement. Son rattachement total à la magie noire devait conduire à la conservation intacte et perpétuelle de son « trésor divin ». Les herbes magiques, les prières, les amulettes, et mêmes les bains de sang, avaient, pour la comtesse, une fonction médicinale : immobiliser sa beauté pour qu’elle fût éternellement, comme un rêve de pierre. Elle vécut, toujours, entourée de talismans. Pendant ses années criminelles, elle en choisit un avec un vieux parchemin terreux où se trouvait écrite, avec une encre spéciale, une prière destinée à un usage particulier. Elle le portait près de son cœur, sous ses robes luxueuses, et, au milieu d’une fête, le touchait subrepticement. Je traduis la prière :&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;i&gt;Isten, aide-moi ; et toi aussi, nouage tout puissant. Protège-moi, Erzebeth, et donne-moi une longue vie. Ô nouage, je suis en danger. Envoie-moi quatre-vingt dix chats. Oblige-les à se réunir, à quitter leurs demeures, les montagnes, les eaux, les fleuves, les eaux des toits et les eaux des océans. Dis-leur de venir promptement pour mordre le cœur de……… et aussi le cœur de………. et celui de………. Qu’ils déchirent et qu’ils mordent, aussi, le cœur de Megyery le Rouge. Et éloigne Erzebeth de tout mal. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Les espaces étaient réservés pour inscrire les noms des cœurs à mordre.&lt;/p&gt;  En 1604, Erzebeth devint veuve et rencontra Darviula. Ce personnage était, littéralement, la sorcière des contes de fées, celle qui nous faisait peur dans les livres d’enfants. Très vieille, coléreuse, toujours accompagnée de chats noirs, Darvulia se rapprocha d’Erzebeth puisqu’elle trouvait dans les yeux de la belle, une nouvelle version des pouvoirs maléfiques enfermés dans le poison de la jungle et la sensibilité néfaste de la lune. La magie noire de Darvulia s’inscrivit dans le silence noir de la comtesse : elle l’initia dans le jeux les plus cruels ; lui apprit à regarder mourir et le sens de regarder mourir ; l‘encouragea à chercher la mort et le sang dans un sens littéral, ceci veut dire : vouloir la mort et le sang en soi, sans peur.           </description><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1903474</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1903474</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 12:44:39 -0300</pubDate></item><item><title>Bains de sang</title><description>&lt;p&gt;Il y avait une rumeur : la comtesse, depuis l’arrivée de Darvulia, prenait des bains de sang humain pour préserver son hardiesse. En effet, Darvulia, comme toute bonne sorcière, croyait aux pouvoirs reconstituants du « fluide humain ». Elle vantait l’excellence du sang de jeunes filles –vierges, si possible- pour dompter le démon de la décrépitude, et la comtesse accepta ce remède comme s’il s’agissait de bains de sagesse. Ainsi, dans la salle de tortures, Dorko s’occupait de couper des veines et des artères ; le sang était recueilli dans des récipients et, lorsque les donnantes s’exténuaient,  Dorko versait le liquide rouge et tiède sur le corps de la comtesse, qui attendait tranquille, si blanche, si immobile, si silencieuse.    Malgré sa beauté invariable, le temps infligea à Erzebeth quelques uns des signes vulgaires de son devenir. Vers 1610, Darvulia avait disparu mystérieusement et Erzebeth, qui arrivait à la cinquantaine, se lamentait auprès de sa nouvelle sorcière de l’inefficacité des bains de sang. En réalité, au lieu de se lamenter, elle la menaça de la tuer si elle n’arrêtait pas immédiatement la propagation des manifestations exécrées de la vieillesse. La sorcière en déduisit que l’inefficacité était provoquée par l’utilisation de sang plébéien. Elle affirma –ou augura- que, en changeant de tonalité, en employant du sang bleu au lieu de rouge, la vieillesse s’éloignerait confuse et honteuse. Ainsi commença-t-on la chasse de filles de gentilshommes. Pour les attirer, les séides d’Erzebeth argumentaient que la Dame de Csejthe, seule dans son château désolé, ne se résignait pas à la solitude. Et comment abolir la solitude ? En remplissant la sombre demeure avec de filles de bonne famille, auxquelles, en échange de leur compagnie joviale, elle apprendrait les bonnes manières da la vie en société. Deux semaines plus tard, seulement deux « élèves » restèrent des vingt-cinq qui se pressèrent à s’aristocratiser : une est morte peu de temps après, extenuée ; l’autre réussit à se suicider.&lt;/p&gt;</description><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1903427</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1903427</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 12:43:10 -0300</pubDate></item><item><title>Château de Csejthe</title><description>&lt;p&gt;Château de pierres grises, peu de fenêtres, tours carrées, labyrinthes souterrains, château situé dans une colline de rocs, d’herbes clairsemées et sèches, de forêts de bêtes blanches en hiver et sombres en été, château qu’Erzebeth Bathory aimait pour la solitude funeste des murs qui noyaient tous les cris.&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;La chambre de la comtesse, froide et mal éclairée par une lampe d’huile de jasmin, sentait le sang, tout comme le sous-sol sentait le cadavre. Si elle l’avait voulu, elle aurait pu réaliser sa « grande oeuvre » à la lumière du jour et décimer de jeunes filles au soleil, mais elle était fascinée par les ténèbres du labyrinthe, qui s’accordaient si bien au &lt;b&gt;terrible érotisme de pierre, de neige et de murailles&lt;/b&gt;. Elle aimait le labyrinthe, qui représentait l’endroit typique où nous avons peur ; l’espace visqueux et incertain de l’abandon et de l’égarement. &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Que faisait-elle pendant les jours et les nuits dans la solitude de Csejthe ?  Nous savons quelque chose sur les nuits. En ce qui concerne les jours, l’éblouissante comtesse ne se séparait pas de deux vieilles servantes, deux femmes sorties d’un tableau de Goya : les sales, malodorantes, incroyablement laides et perverses, Dorko et Jo Ilona. Elles essayaient de l’amuser même avec des histoires domestiques que la comtesse ne écoutait pas, car elle avait besoin de cette rumeur inconsistante et continuelle. Une autre façon de tuer le temps consistait à contempler ses bijoux, se regarder dans son célèbre miroir et se changer la robe quinze fois dans la journée. Avec un grand sens pratique, elle se souciait toujours de ravitailler les prisons du sous-sol ; elle pensait à l’avenir de ses enfants –qui ont toujours demeuré loin d’elle- , gérait ses possessions intelligemment et s’occupait, en fin, de tous ces petits détails qui régissent l’ordre profane des jours.                &lt;/p&gt;</description><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1903186</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1903186</guid><pubDate>Mon, 14 May 2007 12:37:28 -0300</pubDate></item><item><title>Entrevista con Allen Ginsberg</title><link>http://traducciones.tumblr.com/post/1878250</link><guid>http://traducciones.tumblr.com/post/1878250</guid><pubDate>Sun, 13 May 2007 23:59:55 -0300</pubDate></item></channel></rss>
