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La Vierge de fer

Il y avait à Nuremberg un célèbre automate appelé « La Vierge de Fer ». La comtesse Bathory en acquit une réplique pour la salle de tortures de son château à Csejthe. Cette dame métallique avait la taille et la couleur d’une créature humaine. Nue, maquillée, parée de bijoux, avec des cheveux blonds qui arrivaient jusqu’au sol. Un mécanisme permettait que les lèvres s’ouvrissent pour sourire, que les yeux bougeassent.

La comtesse, assise sur son trône, contemple.

Il est nécessaire de toucher quelques pierres précieuses du collier pour que la « Vierge » soit mise en marche. Elle répond aussitôt avec des bruits mécaniques affreux et, très doucement, lève ses bras blancs pour les fermer, dans une parfaite étreinte, sur ce qui sera près d’elle- une jeune fille dans ce cas. L’automate la serre et plus personne ne pourra détacher le corps vivant du corps de fer, tous les deux jouissant de la même beauté. Tout à coup, les seines maquillées de la dame de fer s’ouvrent et cinq poignards apparaissent. Ils traversent sa compagne vivante de longs cheveux dénoués, tel que les siens.

Une fois consommé le sacrifice, on touche une autre pierre du collier : les bras tombent, le sourire se ferme de la même façon que les yeux, et, l’assassine, redevient la « Vierge » immobile dans sa bière.
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